Médias : Estuaire Hebdo en grand danger

Esprit de Charlie es-tu là ? Quand la digitalisation sert de rançon à la subvention. Estuaire Hebdo en fait les frais.

 

Le magazine Estuaire Hebdo risque fortement de disparaître. L’agglomération  La CARENE se justifie dans un communiqué : « La revue Estuaire n’a pas pris le virage du numérique et se trouve aujourd’hui dépassée par de nouvelles pratiques en matière de recherche et d’accès à l’information. »

Estuaire se voit donc retirer sa subvention annuelle de 138 000€. Le magazine se finance aussi avec de la publicité. En tant que média associatif de proximité, et comme beaucoup de structures identiques de l’Économie Sociale et Solidaire, il mène une politique de prix abordables pour les acteurs de la vie associative et économique locale. Les annonces payantes ne représentent que 25% du magazine tiré à 5500 exemplaires.

Mireille Peña rédactrice en chef à Estuaire Hebdo : « On ne veut pas devenir blogueurs bénévoles pour sauver Estuaire. »

Dans ce podcast, retrouvez l’interview de José Hoareau et Mireille Peña, directeur de publication et rédactrice en chef d’Estuaire.

 

Les salariés nous expliquent que le magazine n’est pas le seul à faire les frais de ces décisions politiques. L’association d’associations Saint-Nazaire Associations subit aussi des coupes drastiques dans son budget depuis 2014. C’est cette dernière qui édite Estuaire.

Le dernier numéro d’Estuaire est prévu pour le mois d’août 2017. Paradoxe ! L’association venait de faire un recrutement spécifique pour mettre en place un plan de communication sur les réseaux sociaux. Entre 3 et 5 postes risquent d’être supprimés au sein de l’association. Un mauvais coup porté au pluralisme de la presse locale. Consolation, les lecteurs d’Estuaire se mobilisent. Une pétition circulent en ligne : « Sauvons le magazine Estuaire ». Lancée de manière spontanée avant la trêve des confiseurs, la pétition approche des 1800 signatures.

 

Informations

Une réunion est prévue en présence des salariés du journal ce vendredi 20 janvier à 18h30 à la maison des associations Agora 1901.