Présidentielles 2017 : le numérique et les propositions des candidats

Connaissez-vous les propositions des candidats pour le numérique? Plus que quelques jours avant le premier tour des présidentielles 2017. L’occasion pour Actu Ouest de faire le point sur les principales propositions des cinq favoris concernant le numérique.

 

 

La démocratie numérique de Benoît Hamon

Le candidat socialiste souhaite créer une taxe sur les robots, pour contrebalancer les emplois remplacés par des machines. Cette taxe servira à financer ses mesures sociales comme le revenu universel. Il veut également taxer les « GAFA », les géants de l’internet, pour mieux rémunérer les créateurs qui font vivre ces grands groupes.

Dans le milieu de la musique par exemple, il souhaite taxer des entreprises comme Spotify ou Apple Musique pour reverser de l’argent aux artistes. Il est partisan  d’une redevance audiovisuelle pour tous les écrans, c’est à dire les ordinateurs, les smartphones, les tablettes…en plus de la télévision. L’objectif étant à terme de rendre le service public libéré de la contrainte publicitaire. Il souhaite impliquer les citoyens grâce aux nouvelles technologie et faire une véritable démocratie numérique. Cela se traduit par la possibilité pour les citoyens « d’écrire la loi de manière collaborative par l’écriture d‘amendements citoyens ».

Concernant la neutralité du Net et la protection des données personnelles, Benoît Hamon prévoit de mettre en place un accord international. Il veut faire un sommet en France sur ce sujet en 2018. Enfin, il affirme son soutien aux logiciels libres qui selon lui, contribuent à la souveraineté du numérique.

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Marine Le Pen veut renforcer la protection des données personnelles

Marine Le Pen veut simplifier, pour les victimes, les procédures pour faire reconnaitre la diffamation ou l’injure sur internet. Elle souhaite également renforcer la lutte contre le cyberdjihadisme et la pédocriminalité. Pour anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies, la candidate du Front National a pour projet de créer un secrétariat d’État dédié aux mutations économiques rattaché au ministère des Finances.

Elle prévoit également de soutenir les start-ups françaises qui s’attèleront à moderniser le système de santé. Dans son programme, il est également prévu une forte protection des données personnelles des Français. Il faudra en effet que les données personnelles des français soient stockées sur des serveurs hébergés en France. Enfin, elle souhaite en finir avec Hadopi et « ouvrir le chantier de la licence globale ».

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Emmanuel Macron mise sur « L’Europe numérique »

Le candidat du mouvement En Marche veut effacer la fracture numérique. Pour cela, il compte déployer le très haut débit sur l’ensemble du territoire avant la fin de son quinquennat, mais également grandement améliorer la couverture 4G. L’État pourrait même apporter son soutien financier si nécessaire. Toujours dans l’optique d’effacer cette fracture numérique le candidat veut utiliser les collectivités et les associations pour proposer des formations aux services numériques. En dehors de la première délivrance de document d’identité, Emmanuel Macron vise 100% des démarches administratives en ligne d’ici 2022.

Il prévoit également de créer un service public numérique de la justice avec la possibilité de faire des démarches. Le candidat veut développement de la télé-médecine et de la e-santé pour donner au médecin la possibilité de faire un suivi à distance. Pour la protection des données personnelles, il souhaite une transparence sur l’usage des données privée par les acteurs du numérique. Autre projet pour l’économie numérique, la définition d’une stratégie nationale pour l’intelligence artificielle. Il veut « évaluer ses usages potentiels et ses enjeux pour le travail et l’emploi de demain ».

Enfin, le candidat d’En Marche, européen convaincu, mise également sur une « Europe Numérique » : marché unique du numérique, agence européenne pour la confiance numérique, mise en place d’un Fonds européen pour les start-ups…

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Jean-Luc Mélenchon : une plateforme publique pour les contenus culturels

Le droit d’accès à internet sera inscrit dans la constitution de sa VIème République. Il met en avant la volonté de défendre la neutralité du Net au niveau national, européen et international. Il souhaite une couverture totale du très haut débit pour 2022 et de la 4G avant 2027. Le candidat soutient les logiciels libres et souhaite les installer dans toutes les administrations et établissements publiques.

Concernant le piratage, il prévoit de supprimer Hadopi mais renforce par contre l’autorité chargée de supprimer les contenus illégaux. Une partie de l’abonnement Internet sera utilisé pour la « rémunération globale de la création », l’État créera également une plateforme publique pour les contenus culturels. Concernant les œuvres numériques, il veut mettre fin aux DRM, trop contraignants selon lui.

Il supprimera également le fichier TES (pour Titres Electroniques Sécurisés), le fichier qui réunissait dans une seule base de données de nombreuses informations (identité, domicile, photo…) concernant les détenteurs d’un passeport ou d’une carte d’identité nationale. Enfin, pour la protection des données, il souhaite obliger les acteurs du web à informer l’utilisateur s’il fait l’objet d’un profilage et lui permettre de le refuser. Il prévoit également de renforcer la protection des données hébergées à l’étranger.

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François Fillon mise sur l’identifiant numérique unique 

Le candidat souhaite une collaboration renforcée entre les États Européens pour lutter contre l’utilisation des nouvelles technologies à des fins criminelles ou terroristes. Il prévoit également d’engager un programme d’appels à projets européens pour faire de l’Europe un pôle d’innovation dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la blockchain.

Il conservera Hadopi et le renforcera, notamment en sanctionnant les intermédiaires techniques. Il souhaite également accélérer la transformation numérique de l’État, c’est à dire dématérialiser l’ensemble des procédures administratives avant la fin de son quinquennat. Cela se fera grâce à un identifiant numérique unique qui servira auprès de toutes les administrations. Concernant la télé médecine et la e-santé, il prévoit un « remboursement incitatif de ces actes » ainsi que le développement rapide des objets connectés qui faciliteront le suivi et les soins à distance.

François Fillon veut mettre l’accent sur l’Open Data, en demandant à l’État et aux collectivités territoriales de collecter des informations puis de les mettre -dans le respect des libertés individuelles- à disposition des start-ups par exemple. Il souhaite accélérer le développement de la fibre d’ici 2022.

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Une chose est sûre, le numérique n’aura pas été au coeur de la campagne, Ville Internet interpellait d’ailleurs les candidats à ce sujet début avril.

 

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