Concours de robotique: un levier pour éduquer les jeunes au numérique

La 4e édition du concours de robotique organisé par IBM, les 17 et 18 mai derniers, a rassemblé à Saint-Nazaire 1000 collégiens et 4 classes de CM2 appelés à concourir pour la meilleure programmation de robots. Ils sont venus, ils ont vu. Et, pour certains, ont convaincu le jury.

« Au départ, on se disait tous : « c’est trop compliqué, on ne va jamais y arriver. » Emilie, 14 ans, se souvient encore, amusée, des premiers pas vers la programmation, dans le cadre du concours du robot le plus fun auquel sa classe de 3e, du collège Quéral de Pontchâteau, a participé. « Et puis, on a réalisé qu’on pouvait le faire. Et pas seulement ça mais aussi que c’était plutôt sympa, ludique. En fait, on n’avait pas l’impression de travailler en cours de techno ! » Son amie, à ses côtés, confirme : «  On s’y est tous mis, on a voulu faire du bon travail. On s’est tous sentis solidaires. » Leurs efforts ont été récompensés : ils sont les vainqueurs du concours du robot le plus fun, grâce à leur scénographie originale.
A voir l’effervescence de ce vendredi matin, à la salle Jacques Brel de Saint-Nazaire, tout ce petit monde a pris son rôle très au sérieux. Philippe Mathieu est professeur de CM2 à l’école Ernest Renan : « On a participé au concours de tirs au but par des robots fabriqués en Lego. Les élèves ont programmé le tireur et le gardien. Nous avons commencé en septembre avec l’aide d’IBM, ils ont de suite été emballés. Autant les filles que les garçons. Même si la programmation reste encore floue pour certains, c’est tout de même très nouveau pour eux. »

 

Un village des entreprises au concours de robotique

A l’initiative de ce concours de robotique, il y a Yann-Pierrick Bernier, ingénieur IBM, qui a vu le projet se développer ces dernières années pour toucher un plus large public jeune. « L’idée du concours au départ est d’utiliser la programmation de robot avec des Lego et construire un site Internet. Et puis, nous avons ouvert à d’autres opportunités et découvertes. Car il ne s’agit pas de seulement de programmation. Il faut aussi utiliser la CAO (conception assistée par ordinateur), des imprimantes 3 D. Les élèves doivent aussi concevoir un blog en français et en anglais, rédiger des fiches techniques… » Pourquoi ça marche ? « Parce qu’on a su s’adapter aux élèves et que les professeurs suivent également ce projet avec intérêt. On suscite des vocations. Ajoutons que l’organisation de ce concours a été confiée à des lycéens totalement investis. »
Une nouveauté cette année : un village des entreprises a vu le jour réunissant entre 20 et 25 sociétés du territoires ou associations, ainsi que des organismes de formation.

 

Deux questions à Martin Arnout, adjoint au maire chargé du numérique :

– Quels sont les objectifs de ce concours de robotique ?
Le numérique peut paraître abstrait et lointain pour de nombreux jeunes. Il est davantage pensé comme relatif à un objet de consommation. Il est nécessaire qu’il puisse être mieux connu et appréhender par la jeune génération. Certains voudront se diriger vers ces filières, alors autant en apprendre le plus possible sur elles. La meilleure façon de les y amener, c’est de partir d’un aspect ludique comme c’est le cas pour ce concours. Ils ont appris à programmer, à monter un projet, à faire des fiches techniques, à concevoir un blog etc. C’est donc à la fois sérieux, ludique et très fédérateur. Nous voulons que les filles se sentent concernées autant que les garçons. Toucher les collégiens permet de parler à un plus grand nombre. Il s’agit ici de sensibiliser.
Cette année, nous avons ajouté le village des entreprises et les organismes de formation pour élargir encore le public et s’adresser par exemple, à des personnes en recherche d’emploi ou en reconversion professionnelle. Le numérique est ouvert à tous, il n’est pas réservé à certains.

– Quels sont les autres leviers initiés par Saint-Nazaire et son agglomération pour faire rimer éducation et numérique ?

Le premier, nécessaire et urgent, est la numérisation des écoles. Dans le cadre de la stratégie numérique de la ville et de son agglomération, nous engageons 4 millions d’euros sur le mandat pour équiper les écoles en outils numériques. Pour bien travailler, il faut le bon matériel: tablettes, vidéo projecteurs, appareils photos etc. Les enseignants doivent être partis prenantes et formés. Et lors de la prochaine Digital Week en septembre, différents acteurs du numérique iront dans les collèges pour informer et sensibiliser les élèves.
D’autre part, à la Carène, nous travaillons sur les façons de compléter les filières numériques à Saint-Nazaire. Il nous faut mettre les bouchées doubles car il y a un vrai potentiel de métiers ici et pas seulement dans le domaine industriel. Évidemment, l’une des finalisations de tout cela, c’est l’emploi.

 

Les résultats du concours de robotique par catégories 

Meilleur programme, collège Anita-Conti (équipe Gloubi-Boulga). Meilleure participation au forum, équipe Mj’s du collège Albert-Vinçon. Meilleur blog, équipe South Side Serpent du collège Jean-Moulin. Meilleure documentation de projet, équipe X-Bot, collège Julien-Lambot à Trignac ; Robot le plus fun, les Zinzins de l’Espace, collège Quéral à Pontchâteau. Meilleur parcours, Fashion Jo, collège René-Guy-Cadou, Saint-Brévin. Meilleurs robots de classe de CM2 pour l’école Pierre Brossolette.

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Auparavant journaliste pour Ouest-France, puis journaliste free lance au Vietnam pendant 8 ans, je suis actuellement rédactrice print et web indépendante, basée à Saint-Nazaire.

Sabrina Rouillé

Auparavant journaliste pour Ouest-France, puis journaliste free lance au Vietnam pendant 8 ans, je suis actuellement rédactrice print et web indépendante, basée à Saint-Nazaire.