Qui sont donc les coworkers ?

Les espaces de coworking fleurissent en France depuis 2010, avec une grande disparité toutefois entre les zones urbaines et rurales. Le nombre de ces tiers-lieux (comme le sont les bureaux mutualisés ou les Fab lab) explose avec les nouveaux modes de travail, la multiplication des start-up et l’essor des micro-entrepreneurs. La métropole nantaise en compte plus d’une trentaine et de nouveaux lieux, publics ou privés, ouvrent régulièrement.

A Saint-Nazaire, quatre espaces de coworking accueillent chaque jour ces nouveaux travailleurs indépendants, salariés, chefs d’entreprises, étudiants… Coup de projecteur sur La Ruche et le Carré-Coworking, avant Le Périscope et l’Office Coffee.

 

Sophie Hamon, éditrice indépendante à La Ruche.

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Je suis éditrice freelance, je travaille pour différentes maisons d’édition, essentiellement pour l’édition jeunesse et notamment des manuels scolaires, de la commande de manuscrit jusqu’à la livraison des fichiers à l’imprimeur. Auparavant, j’étais salariée dans une maison d’édition parisienne puis je suis partie 2 ans et demi au Brésil, en famille. A notre retour en France, ici, j’ai décidé de m’installer en indépendante car c’est un secteur qui travaille beaucoup avec les freelances.

 

Pourquoi avoir choisi un espace de coworking ?

Au début comme beaucoup, je travaillais chez moi. On est beaucoup moins structuré, on lance une lessive ou on s’occupe de l’administratif de la famille… Tout se confond, il faut mettre des frontières à tout ça. Le matin, chacun partait de son côté, au travail ou à l’école. Moi pas. J’ai vite eu besoin d’un lieu attitré boulot pour donner une réalité à mon travail et m’extraire du milieu privé. Et puis je recherchais un endroit pour rencontrer des actifs et d’autres travailleurs indépendants comme des graphistes ou des maquettistes pour, peut-être, lancer des collaborations. C’est aussi tout l’intérêt d’un lieu comme celui-ci : ne plus s’isoler. Mais au contraire, participer à de nouvelles formes de travail collaboratif. J’ai testé différents endroits et j’ai finalement choisi la Ruche pour l’espace et la luminosité, mais aussi l’esprit de partage entre co-workers. Également pour les workshops qui sont régulièrement organisés ici et la mise en réseau développée par la Ruche. J’utilise beaucoup les équipements pro comme le photocopieur-scanneur et je bénéficie d’une bien meilleure connexion Internet qu’à la maison.

 

Quelle formule avez-vous choisie ?

Comme j’ai besoin de laisser mes affaires avec mes dossiers et mes livres trop lourds, j’ai souhaité un bureau dédié. Je suis donc résidente, j’ai mon bureau à l’année en open space. J’utilise un bureau fermé si je fais un skype ou si je dois passer un coup de fil. Évidemment, cela a un coût chaque mois mais si je me paie ce bureau, c’est que je dégage des revenus : c’est donc valorisant. Quatre jours par semaine, j’arrive vers 9 h, je déjeune sur place avec ceux qui sont présents ; chacun apporte sa lunch box et on échange ensemble dans l’espace restauration. Ici, je me sens exister socialement.

 

Mathieu Carras, directeur de MirSense, « super nomade » au Carré Coworking

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Je suis directeur et co-fondateur de la société MirSense, dont le siège est à Palaiseau, sur le plateau de Saclay dans l’Essonne. Nous avons un autre établissement à Grenoble. MirSense est une société industrielle qui conçoit des solutions à base de lasers à semi-conducteurs et infra-rouge.

 Mathieu Carras, directeur de MirSense, adepte du coworking.

Pourquoi avoir choisi un espace de coworking ?

Notre famille vit à Saint-Nazaire. Je travaille ici deux jours par semaine, le lundi et le vendredi, en télé-travail. Les autres jours, je suis à Palaiseau. J’ai commencé à travailler chez moi mais bien sûr, c’était compliqué. Les enfants ne comprennent pas forcément… Il y a toujours du mouvement. J’ai vite choisi la solution du coworking car j’avais besoin d’un pied-à-terre professionnel avec le matériel informatique nécessaire. Je passe mon temps au téléphone. J’avais donc besoin d’une pièce dédiée. Je suis beaucoup plus productif ici qu’à la maison.

Quels sont les avantages d’un tiers-lieu comme celui-ci?

Il y a des interactions avec les personnes qui sont hébergées au Carré-Coworking. Par exemple, j’ai rencontré quelqu’un qui travaille dans le secteur des achats. Je lui ai posé des questions, on discute de manière informelle. Aujourd’hui, tout fonctionne par réseau. Ce lieu est l’équivalent d’une pépinière. Il permet aussi de faire des pauses, autour d’un café ; il existe une interaction sociale intéressante. Rien à voir avec les relations entre collègues de travail, dans la même entreprise. Ici, on parle souvent de problématiques autour de l’entrepreneuriat. Je pense aussi que dans son agenda, il faut savoir se donner des RDV avec soi-même. A Paris, je ne peux pas. A Saint-Nazaire, c’est possible, je prends du recul. Mes horaires de travail sont également plus raisonnables : j’arrive à 9 h, je repars à 18 h 30. A Paris, je fais 8 h 30/21 h puisque personne ne m’attend.

 

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Auparavant journaliste pour Ouest-France, puis journaliste free lance au Vietnam pendant 8 ans, je suis actuellement rédactrice print et web indépendante, basée à Saint-Nazaire.

Sabrina Rouillé

Auparavant journaliste pour Ouest-France, puis journaliste free lance au Vietnam pendant 8 ans, je suis actuellement rédactrice print et web indépendante, basée à Saint-Nazaire.

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