Le digital sauvera-t-il les commerces de proximité ?

Jonathan Chelet est fils de commerçants nazairiens. Avec Maxime Bedon, également fils de commerçants en Gironde, ils ont lancé en 2016 la plateforme petitscommerces.fr destiné à augmenter la visibilité des commerçants indépendants sur le web. Une idée pile dans la tendance du retour des consommateurs vers les commerces de proximité en centre-ville. Nous l’avons rencontré à l’occasion de la Saint-Nazaire Digital Week, où il est venu donner quelques conseils aux commerçants sur l’utilisation optimale des réseaux sociaux Facebook et Instagram.

Jonathan Chelet est de retour sur ses terres nazairiennes le temps du rendez-vous numérique incontournable de la Saint-Nazaire Digital Week. Ce fils de boucher-charcutier, un temps journaliste financier pour le magazine de presse écrite Capital, a animé une mini-conférence à destination des commerçants et artisans sur l’utilisation des réseaux sociaux pour développer leur activité. Au Café Scott, la salle était pleine : le sujet intéresse grandement.
Ce Millennial, digital native par excellence, a beaucoup de choses à dire sur la question. Avec son ami Maxime Bedon rencontré lors de leurs études à Bordeaux, il a fondé le site petitscommerces.fr en 2016 pour répondre au besoin grandissant des commerces indépendants d’augmenter leur visibilité sur le Net.

« Maxime et moi sommes attachés au commerce indépendant, et pour cause. Nous avons constaté que toutes les grandes marques et les franchisés sont très présents sur le web mais pas les commerces de proximité. Pourquoi ? Ils n’ont ni le temps, ni le budget, ni les compétences. » Au final, un petit commerce sur deux en centre ville n’est pas visible sur le Net. « Ou alors via des sites qu’ils ne maîtrisent pas ! »

Photos, storytelling, interviews…

Les deux entrepreneurs ont donc eu l’idée de créer une plateforme qui rassemble sur un même site tous les commerces indépendants de qualité. « En fait, nous faisons le travail à leur place. Nous facturons la création d’une page web avec photos de qualité, storytelling, interviews etc. Nous les rencontrons, nous les interrogeons sur leurs spécificités. Ils ont tous quelque-chose d’unique. Et c’est ce quelque-chose que nous mettons en valeur sur leur page web. »
Evidemment, les réseaux sociaux ne sont pas en reste, avec un focus sur Facebook et Instagram. « Nous intégrons les réseaux sociaux des commerçants sur leur page et nous les formons à leur utilisation également. Car aujourd’hui en France, on passe 4 heures par jour sur Internet dont 2 h 30 sur les réseaux sociaux en moyenne. »
Jonathan et Maxime défendent le commerce de proximité avec conviction : « nous ne sommes pas contre la grande distribution, il y a de la place pour tout le monde. Mais nous défendons des valeurs telles que l’authenticité, la qualité, le savoir-faire et l’humain. Nous souhaitons valoriser ces commerçants.»

Transition numérique et retour au local

La start up surfe sur deux tendances : la transformation numérique des entreprises et le retour au commerce local. Cette dernière n’en est encore qu’à ses prémices mais devrait prendre de l’ampleur. Dans un contexte où les collectivités locales tentent elles-aussi de rapprocher les habitants des centres villes qu’elles veulent plus attractives. « C’est un autre aspect de développement, en effet, confirme Jonathan. Il y a un travail à effectuer avec les collectivités. »

Alors donc, tout passe par le digital ? « Non, tout ne passe pas par le digital. Mais les consommateurs, eux, vont sur Internet. Justement, le concept de petitscommerces.fr est bien de faire le lien entre l’humain et le digital. Nous voulons faire venir les gens en centre ville, les faire se déplacer en boutique et aller à la rencontre du commerçant qui proposera ses produits de qualité. »
Aujourd’hui, la plateforme référence environ 200 commerces, dont la majorité à Paris mais aussi à Bordeaux et sur la Presqu’île guérandaise. Le but étant de l’étendre à toute la France. A 31 ans, Jonathan Chelet a du pain sur la planche.

 

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Auparavant journaliste pour Ouest-France, puis journaliste free lance au Vietnam pendant 8 ans, je suis actuellement rédactrice print et web indépendante, basée à Saint-Nazaire.

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Sabrina Rouillé

Auparavant journaliste pour Ouest-France, puis journaliste free lance au Vietnam pendant 8 ans, je suis actuellement rédactrice print et web indépendante, basée à Saint-Nazaire.

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