Pour une transformation numérique réussie

Les TPE/PME ont davantage de difficultés que les grands groupes à se lancer sur le chemin de la transformation numérique. Témoignages de dirigeants qui y sont parvenus.
Qu’il peut être long et difficile pour les TPE/PME de s’engager sur le chemin de la transformation numérique ! Quand les grands groupes et autres ETI ont les moyens d’engager les processus de réforme, les dirigeants de TPE/PME n’ont pas toujours le temps ni les moyens de lancer ce plus ou moins vaste chantier digital.
A l’occasion de la Saint-Nazaire Digital Week, l’association DIINGO (Dirigeant(e)s INnovantes du Grand Ouest) a organisé une journée d’échanges entre pairs et retours d’expériences. Cela se passait à La Ruche Saint-Nazaire et nous y étions.

« Osons la transformation numérique » : c’était le thème de la table-ronde, animée vendredi 21 septembre par Nelly Lambert, du magazine Ecopolitan, à destination des dirigeants de TPE/PME pour se lancer sur le chemin de la transition digitale lors d’une journée organisée par l’association DIINGO. Ce matin-là, trois dirigeant(e)s ont livré leur témoignage sur leur expérience.

 

Céline Gavet, co-dirigeante de la pâtisserie GAVET à Pornic

« Pourquoi avoir entamé ce virage numérique ? Avec mon mari, artisan-pâtissier, nous voulions nous développer et avoir de nouveaux clients en centre-ville de Pornic, sans avoir à bouger. La solution s’est imposée d’elle-même : le numérique. Nous avons lancé un drive. Il permet de commander la veille pour le lendemain, sans problème d’accessibilité. Bien sûr l’investissement de départ est conséquent. J’ai dû créé mon poste : je m’occupe du site Internet, du drive, des réseaux sociaux sur un poste à mi-temps. Nous faisons appel à un webmaster pour la partie technique.
Il nous a fallu un an pour chercher, rencontrer des agences digitales, des indépendants. Finalement, nous avons fait appel à une auto-entrepreneuse de la région. Nous avions besoin de quelqu’un sur place en cas de souci, une personne sur laquelle on pouvait compter rapidement. Nous avons choisi un « artisan du web », comme nous ! Et je me suis formée seule sur les réseaux sociaux.
Le chiffre d’affaires a augmenté en conséquence. Nous étions beaucoup plus visible, les personnes se sont déplacées en magasin en voyant nos produits sur le site, les commandes possibles, les nouveautés etc.
Une fois qu’on a mis le pied dans le numérique, tout va très vite. Cela prend du temps, c’est un investissement réel mais pour rien au monde, nous ne reviendrions en arrière. »

Amélie Arcile, co-dirigeante de Benevolt à Nantes (lire notre article sur Benevolt), plateforme de bénévolat dédiée aux jeunes seniors.

« Je suis convaincue par le numérique depuis longtemps. Mais je ne viens pas de ce milieu. Lors de notre premier rendez-vous avec une agence digitale, je ne comprenais rien. C’est une nouvelle langue, il faut l’apprendre. Quand vous l’avez apprise, vous pouvez discuter sans complexe avec un développeur.
Nous travaillons avec des associations. Or, la plupart d’entre elles en sont aux prémices de la transition numérique. Notre difficulté vient davantage de là : nous sommes contactés par des gens qui ont du mal à manipuler l’outil.
Le numérique est un outil formidable mais il faut se demander ce que l’on veut faire avec. Il y a une acculturation à effectuer. Nous nous adressons à des retraités qui sont très connectés, contrairement à ce que l’on pense. Ce sont les responsables d’associations qui ont plus de difficultés à se connecter. »

Philipe Delwarde, président de la société Quaternaire

«  Nous avons fait notre révolution numérique il y a 4 ans. Nos clients sont de grosses PME/ETI et des grands groupes qui nous confient des données très sensibles. Nous avons été très vite confrontés à la problématique de la protection des données. Le numérique répondait à cela.
Entre temps, nous avions fait une enquête interne pour savoir auprès de nos salariés ce qui pourrait être amélioré. Ils ont tous répondu : le bon fonctionnement de nos smartphones et de nos ordinateurs !
L’accélération s’est faite en deux temps. Il a d’abord fallu avoir une organisation commune et donc accompagner et former. En interne, on a revu le système de flux intégrés. Nous nous sommes aussi posé la question : comment réguler la communication dans la boîte, avec la question sous-jacente des réseaux sociaux.
La transformation numérique a accéléré la dynamique. On a élargi le collaboratif même s’il y a toujours une hiérarchie.
Je crois qu’il faut accepter de tester et de constater que ça ne marche pas. On doit réfléchir à la question: pourquoi le fait-on ? Quel est l’objectif ? L’outil, quel qu’il soit, doit avoir une finalité.
Aujourd’hui, il faut continuer à former et accompagner, avec des formations courtes et régulières (tutos). D’autre part, nous organisons régulièrement des salons digitaux en interne pour déterminer, par exemple, quelles applis peuvent nous simplifier la vie. Nous faisons également venir des prestataires lors de ces rendez-vous. »

Pour aller plus loin :

Entrepreneurs, des aides peuvent vous être proposées si vous souhaitez vous engager dans la transition numérique. Renseignez-vous auprès de L’Agence Régionale Pays de Loire de Pôle Emploi ainsi que sur le programme Audacity Awards lancé par la Carène.

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Auparavant journaliste pour Ouest-France, puis journaliste free lance au Vietnam pendant 8 ans, je suis actuellement rédactrice print et web indépendante, basée à Saint-Nazaire.

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Sabrina Rouillé

Auparavant journaliste pour Ouest-France, puis journaliste free lance au Vietnam pendant 8 ans, je suis actuellement rédactrice print et web indépendante, basée à Saint-Nazaire.

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